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De la publicité à l’art, certains diront qu’il n’y a parfois qu’un pas, d’autres qu’il y a souvent un monde. C’est pourtant bien le cheminement qu’a fait Marc Ninghetto. Photographe reconnu dans les milieux de la mode et de l’horlogerie il est devenu en quelques années une figure incontournable de la photographie d’art en Suisse, développant un style et une technique propre qui font sa réputation et son succès. Fraîchement diplômé de l’école de photographie de Vevey, Marc Ninghetto, dont le travail a été remarqué par la célèbre photographe, part pour Paris afin de devenir le premier assistant de Dominique Issermann. De son année parisienne, il revient plus sûr de lui, riche d’un bagage inestimable. De toutes ses expériences dans la mode, celle que Marc Ninghetto a vécue avec Dominique Issermann est sans doute celle qui a eu le plus d’influence sur son style. Son oeil que les professionnels eux-mêmes qualifient de doux, le regard passionné qu’il porte sur les femmes, le voile onirique qui flotte sur ses oeuvres, tout cela est né à son retour de la capitale française. En 15 ans et autant d’expositions, Marc Ninghetto a affiné son point de vue, développé sa technique, affirmé son style mais il a gardé cette douceur dans le regard. Après avoir travaillé pendant plusieurs années sur des mandats publicitaires particulièrement exigeants dans la mode, l’horlogerie ou la joaillerie, il éprouve le besoin de se ressourcer en se consacrant à un travail purement personnel. Au fil de cette réflexion et des oeuvres qui en émergent, une direction se fait jour, un style et une technique aussi. Son travail personnel, s’il représente un sujet humain, ne montre que des femmes, souvent en majesté, parfois sensuelles, toujours belles. A cette douceur, il superpose, c’est bien le mot, un travail complexe sur la matière. Ainsi, grâce à une technique personnelle qu’il qualifie de « digital sampling », ses pièces marient subtilement corps lisses et matières fortes, déchirures et typographie, chaque couche recouvrant ou découvrant, transparente ou opaque, le sujet de la photographie. Comme dans le cas d’un morceau de musique, chaque « piste » apporte sa tonalité, parfois discordante, à l’oeuvre dans son ensemble. De cette manière, l’artiste introduit une ambiguïté troublante à des pièces apparemment douces et lisses. Qu’il s’agisse de telle déchirure sur un visage délicat, telle typographie écarlate sur l’ombre d’un enfant ou tel détail qui, à y regarder de près, n’est pas ce que l’on croyait. S’adressant directement à nos émotions, l’oeuvre de Marc Ninghetto, souvent en grands formats, nous enveloppe dans un univers d’une grande richesse et ouvre des fenêtres sur un monde imaginaire où les mots, les corps et les textures offrent des perspectives étourdissantes. Le regard se perd parfois dans la profondeur de l’oeuvre et une douce sensation de vertige s’empare alors du spectateur.